Modélisation du couple — et ses limites physiques
Deux paramètres géométriques ne sont pas fixés par le cahier des charges — on les pose ici pour rendre le calcul concret, à ajuster à ton propre prototype :
| Paramètre | Symbole | Valeur retenue |
|---|---|---|
| Rayon moyen de placement des aimants | r | 0,10 m |
| Entrefer au moment de la répulsion | d | 2 mm |
Approximation solénoïde + noyau (loi d'Ampère, milieu linéaire non saturé) : le champ créé au cœur du noyau par la bobine de compensation est
H = N·I / L_b
Avec N = 500 spires, I = 0,11 A, Lb = 10 mm (5 rondelles M10 de 2mm empilées — exactement la longueur de l'aimant N42, voir Modules & noyau imbriqué) :
H = (500 × 0,11) / 0,010 = 5500 A/m
Perméabilité absolue du noyau SMC de référence (μᵣ ≈ 200) : μ = μᵣ·μ₀ = 200 × 4π×10⁻⁷ ≈ 2,51×10⁻⁴ H/m. Induction générée :
B = μ·H ≈ 2,51×10⁻⁴ × 5500 ≈ 1,38 T
Fil AWG28, Øfil = 0,32 mm, section S = π(0,16 mm)² ≈ 8,04×10⁻⁸ m². Sur le prototype réel, le bobinage part directement du diamètre extérieur du fourreau de rondelles (Ø≈20 mm, voir Modules & noyau imbriqué) et s'empile sur 16 couches : le diamètre moyen d'une spire, moyenné sur les 16 couches, est plus proche de dm ≈ 20 + 0,32×16 ≈ 25 mm que des 18 mm d'un noyau coulé plus fin.
L_tot = N × π·d_m = 500 × π×0,025 ≈ 39,3 m
R = ρ_Cu × L_tot / S = 1,72×10⁻⁸ × 39,3 / 8,04×10⁻⁸ ≈ 8,4 Ω
P_j = R·I² = 8,4 × 0,11² ≈ 0,10 W
Consommation brute au pire cas (les 16 modules — 8 rotor + 8 stator — actifs simultanément, hypothèse majorante) :
P_elec,max = 16 × 0,073 ≈ 1,17 W
En pratique, chaque canal stator n'est actif que pendant sa fenêtre d'approche (voir Électronique — logique de commande), et le canal rotor est unique et partagé : la consommation moyenne réelle est significativement plus basse — à mesurer au wattmètre (voir Tests).
Modèle de plaque de charge magnétique (formule de force de maintien/décollement, standard pour un aimant contre une surface saturée — ici entre deux faces polaires identiques) :
F_contact = B_r² · A / (2·μ₀)
Avec Br = 1,3 T et A = π×(5 mm)² ≈ 7,85×10⁻⁵ m² :
F_contact ≈ 1,69 × 7,85×10⁻⁵ / (2×1,257×10⁻⁶) ≈ 53 N
C'est la force au contact. À l'entrefer retenu (d = 2 mm, soit 20 % du diamètre de l'aimant), la force chute significativement — les modèles de champ proche pour cette géométrie donnent typiquement 25 à 40 % de la valeur de contact, soit :
F_rep(2mm) ≈ 13 à 21 N — valeur retenue pour la suite : 15 N
Couple de crête pour une impulsion, bras de levier r = 0,10 m :
C_inst = F_rep × r = 15 × 0,10 = 1,5 N·m
Motif -1, +1, +1, -1 : 8 aimants rotor × 2 impulsions chacun = 16
impulsions par tour (voir Disposition des pôles).
Sur une course utile Δs ≈ 2×entrefer ≈ 4 mm où la répulsion reste significative, l'énergie
injectée par impulsion :
E_impulsion ≈ F_rep × Δs = 15 × 0,004 = 0,06 J
E_tour = 16 × 0,06 ≈ 0,96 J
Couple moyen lissé sur un tour complet (2π rad) :
C_moyen = E_tour / (2π) ≈ 0,96 / 6,283 ≈ 0,15 N·m
ω = 750 × 2π / 60 ≈ 78,5 rad/s
P_méca = C_moyen × ω ≈ 0,15 × 78,5 ≈ 12 W
Douze watts, pour un démonstrateur de 16 aimants Ø10mm : l'ordre de grandeur reste celui d'une petite maquette de laboratoire, pas d'un moteur de traction — cohérent avec l'échelle des composants du chapitre Approvisionnement.
En ne comparant que la puissance mécanique estimée (≈ 12 W) à la seule puissance Joule des bobines de compensation (≈ 1,2 W au pire cas), on obtient un rapport supérieur à 1 — et c'est précisément le signal qu'il ne faut pas calculer ce rapport de cette façon.
Où se cache donc le vrai coût, si ce n'est dans le courant continu de 0,11 A ? Trois pistes, toutes réelles et mesurables :
La seule mesure qui vaille reste celle du chapitre Tests & sécurité : frein de Prony engagé dès la mise sous tension, wattmètre en entrée, tachymètre + couple en sortie. Rendement attendu, honnêtement : ≤ 1, sans doute nettement inférieur une fois frottements et pertes de commutation comptés — l'intérêt réel de l'annulation de flux n'est pas de « créer » de l'énergie, mais de supprimer le frein contre-électromoteur en roue libre (voir Applications mobilité).