Annulation de flux calibrée, des deux côtés — construction façon Piggott
Principe
Chaque aimant (rotor et stator) est entouré d'une bobine de compensation.
Approche : les deux bobines annulent leur champ — rotation libre, pas d'interaction.
Point de passage : coupure simultanée des deux bobines — pôles identiques révélés,
répulsion, poussée.
Construction mécanique (disques, bobinage, coulée résine) : méthode Piggott, générateur
à flux axial pour éolienne domestique, documentée sur
tripalium.org.
Rotor et stator interagissent en champ, tous deux pilotés par un contrôleur commun
Disposition des pôles
Motif groupé -1, +1, +1, -1 (S, N, N, S, S, N, N, S…) répété sur le disque.
Chaque aimant rotor croise deux positions stator de même polarité consécutives : deux
impulsions de répulsion par transit.
Groupement par paires de même polarité : deux poussées rapprochées par aimant rotor
Cycle
Rotor (gauche) et stator (droite de chaque paire) portent chacun un aimant + sa bobine d'annulation
Aimant
N42, cylindre Ø10 × 10 mm (ou bloc 10×10×10 mm).
Ratio longueur/diamètre ≈ 1 : résiste à la démagnétisation sous le champ opposé de la
bobine de compensation. Évite les formats plats.
Format standard, quelques dizaines de centimes pièce en quantité.
Plus gros : plus de force par pôle, plus de cuivre par bobine, moins de pôles par
disque. Plus petit : l'inverse.
Cylindre L/D≈1 (gauche) vs cylindre plat/large (droite) — même volume, tenue différente
Bobine de compensation
Noyau poudre de fer isolée (SMC, μᵣ ≈ 200, saturation 1,5-1,8 T) coulé directement autour de
l'aimant. Bobine calée sur la longueur de l'aimant : L ≈ 12 mm.
Noyau
μᵣ
Courant I
Fil
Puissance Joule
Poudre de fer isolée (SMC)
≈ 200
≈ 0,11 A
AWG28 (Ø0,32mm)
≈ 0,07 W
500 spires, 16 couches, Ø extérieur du bobinage fini ≈ 20 mm — à prévoir dans le pas
polaire du disque.
Coulée directement autour de l'aimant (moule ajusté, résine de liant), zéro entrefer
d'assemblage : 1 mm d'entrefer ≡ 20 cm de noyau en plus.
Coupe d'un module : aimant, noyau coulé sans jeu, spires en couches concentriques
Fabriquer un module aimant + noyau
Moule cylindrique creux : Ø intérieur ≈ 16 mm (laisse ≈ 3 mm de noyau tout autour de
l'aimant Ø10mm — section nécessaire au calcul μᵣ≈200), hauteur ≈ 14 mm (PLA imprimé en 3D
ou tube plastique fendu, démoulable).
Dépose un disque non magnétique fin (carton, PLA) au fond du moule, même diamètre que
l'aimant : cale la hauteur de l'aimant et laisse une couche de noyau en-dessous.
Place l'aimant N42 sur ce disque, au centre du moule. Centrage radial : un gabarit
temporaire (disque carton/PLA percé au Ø de l'aimant, posé sur le bord du moule) maintient
l'aimant centré et droit pendant la coulée — l'aimant plein n'a pas de perçage, rien ne le
traverse.
Mélange poudre de fer carbonyle + résine époxy fluide, ≈ 70-80 % poudre en masse,
jusqu'à pâte homogène.
Coule autour de l'aimant ; tapote ou passe en table vibrante pour chasser les bulles
(chaque bulle = micro-entrefer).
Polymérisation complète (temps de cure de la résine — souvent 24 h à température
ambiante).
Démoule, ponce la surface extérieure.
Le moule centre l'aimant par sa paroi ; le disque d'appui cale la hauteur
Bobiner et calibrer au gaussmètre
Courant identique Iann ≈ 0,11 A pour toutes les bobines de la
machine. Le nombre de spires absorbe la variabilité de fabrication (Br ±5-10 %, μᵣ
réel du noyau) :
Fixe le noyau coulé sur un mandrin de bobinage (perceuse à vitesse lente + guide-fil,
ou bobinage main).
Ancre le premier brin de fil (point de colle), laisse ≈ 5 cm de sortie.
Bobine couche par couche (≈ 31 spires/couche sur 12 mm), fine couche de vernis entre
chaque couche pour maintenir l'ensemble.
Alimentation réglée à Iann constant, sonde d'un gaussmètre à effet Hall
contre la face utile de l'aimant.
Teste au gaussmètre tous les ≈ 50 tours, jusqu'à ce que le champ mesuré passe par
zéro à ce courant.
Arrête le bobinage à ce point, ancre le second brin, laisse ressortir les deux fils.
Note le nombre de spires N obtenu (variera d'un aimant à l'autre, ≈ 480-520 autour des
500 calculées) ; le courant reste identique partout.
Test au gaussmètre à courant constant, pendant le bobinage
Rotor
2 platines face à face (rotor + stator), pas un sandwich à 3 disques — la
platine rotor tourne, la platine stator reste fixe, séparées par un entrefer réglable. Divise
par deux le nombre de modules par rapport à un montage à double rotor.
1 disque en contreplaqué 10-15 mm — non conducteur, non magnétique.
Perce un logement par module (Ø module + 0,5 mm de jeu, profondeur = hauteur du
module), en cercle, motif -1, +1, +1, -1 (8 modules).
Colle chaque module (époxy structural) dans son logement, fils routés par l'arrière du
disque vers le moyeu central.
Option : pastille d'acier collée derrière chaque aimant seul (pas un disque continu)
pour regagner l'effet de culasse arrière, sans réintroduire de couplage ni de courants de
Foucault.
Alimentation des bobines tournantes : bagues collectrices + balais (simple), ou
transformateur tournant à couplage inductif (zéro usure, recommandé si à l'aise en
électronique HF).
Entretoise réglable — 3-4 tiges filetées entre les deux platines, écrous
de chaque côté : règle l'entrefer rotor/stator en les vissant/dévissant symétriquement, plus
simple qu'un jeu de cales fixes à refaire à chaque essai.
8 modules aimant+bobine en cercle, motif -1,+1,+1,-1, fils routés vers le moyeu
⚠️ Assemblage — visse les tiges filetées progressivement et symétriquement
pour rapprocher les platines. Jamais d'assemblage à main nue : attraction violente entre
rotor et stator une fois les aimants révélés face à face.
Stator
1 disque en contreplaqué 10-15 mm, identique au rotor, monté fixe en face de lui sur
les tiges filetées de l'entretoise.
Chaque position : un aimant + sa bobine de compensation, même construction que côté
rotor, motif -1, +1, +1, -1 en phase avec le rotor (8 modules).
Fils de chaque module routés vers le bord du disque, vers le contrôleur.
Capteurs à effet Hall collés à côté de chaque module, pour le timing.
Modules figés dans la résine, en phase avec le rotor ; capteurs Hall + câblage fixe vers le contrôleur
Électronique — composants
MCU : Arduino Nano (ou STM32 Blue Pill pour plus de vitesse/canaux).
1 capteur Hall par position stator : A3144 (sortie digitale, collecteur
ouvert) + résistance de tirage 10 kΩ vers +5V.
1 MOSFET logique par bobine stator : 2N7000 ou IRLZ44N (0,11 A —
largement dans leurs specs), monté en interrupteur bas-côté (low-side).
1 résistance d'ajustement par bobine (en série avec la bobine) : fixe
Iann précisément malgré la résistance propre variable de chaque bobine.
1 diode de roue libre (1N4148 suffit à ce niveau de courant) en
parallèle sur chaque bobine, cathode côté +Vcc.
Canal rotor : oscillateur HF (≈100 kHz, 555 ou timer MCU dédié) →
MOSFET → primaire du transformateur tournant → secondaire rotor → pont redresseur
(4×1N4148) → condensateur de lissage → bobines rotor (câblées en parallèle, une résistance
d'ajustement par bobine).
Un canal stator/rotor : Hall → MCU → MOSFET → bobine (résistance d'ajustement + diode de roue libre)
Électronique — logique de commande
Chaque position stator est indépendante : sa propre Hall, son propre MOSFET, son propre
pin MCU.
Le rotor est périodique et symétrique au stator (même motif, même nombre de pôles) :
toutes les bobines rotor se masquent/révèlent en même temps — un seul canal (une seule
excitation HF) suffit pour tout le rotor, bobines rotor câblées en parallèle sur le
secondaire redressé.
Stator : un canal indépendant par position. Rotor : un seul canal, réparti sur toutes les bobines
Code de contrôle
8 positions stator, timing : bobine ON tant que le Hall détecte l'approche, OFF au passage.
Le canal rotor suit la même logique, partagée par une seule broche.
const uint8_t HALL_PINS[8] = {2,3,4,5,6,7,8,9};
const uint8_t STATOR_PINS[8] = {22,23,24,25,26,27,28,29};
const uint8_t ROTOR_PIN = 30; // active/désactive l'oscillateur HF du transfo tournant
void setup() {
for (uint8_t i = 0; i < 8; i++) {
pinMode(HALL_PINS[i], INPUT_PULLUP);
pinMode(STATOR_PINS[i], OUTPUT);
}
pinMode(ROTOR_PIN, OUTPUT);
}
void loop() {
bool anyApproach = false;
for (uint8_t i = 0; i < 8; i++) {
bool approach = (digitalRead(HALL_PINS[i]) == LOW); // Hall actif = aimant proche
digitalWrite(STATOR_PINS[i], approach ? HIGH : LOW); // bobine ON pendant l'approche
anyApproach |= approach;
}
digitalWrite(ROTOR_PIN, anyApproach ? HIGH : LOW); // rotor synchronisé, canal partagé
}
À haut régime, remplace la boucle de lecture par des interruptions (STM32, ou lib
PinChangeInterrupt sur AVR) pour ne pas rater un passage.
Logique de boucle : une décision par position, rotor = OU logique de toutes les approches
Tests
Tension réduite, timing vérifié à l'oscilloscope avant montée en régime.
Total (hors poudre de fer, résine et contreplaqué — négligeables)
≈ 429,03 €
Le fil de bobinage domine le budget (≈ 452m
au total, 500 spires × 16 modules) : à ce volume, une bobine de fournisseur électronique
(0,5-1kg en vrac) revient nettement moins cher que 12 lots de détail à l'unité — compare avant
de commander. MOSFET 2N7000 choisi ici (largement suffisant, tension/courant très faibles) ;
IRLZ44N reste une alternative si préféré, mêmes quantités. Le premier lien d'aimant fourni
(B003MWDVBS) était inaccessible au moment de la vérification — utilise le second (SIGEL Ba701)
qui correspond exactement aux specs.
🔧 G1FabLab
Candidat concret pour les G1FabLab du réseau UPlanet — mesuré, documenté, partagé.